Une délégation du Paraguay à Bruxelles

Fin mars, une délégation paraguayenne composée d’un représentant du MOLACNATs et d’un enfant travailleur s’est rendue à Bruxelles. Ils ont rencontré des jeunes des écoles européennes d’Uccle et de Laeken, ainsi que l’ambassadeur de la Bolivie et les membres de la délégation du Parlement Européen qui se sont rendus en Bolivie en avril. (suite…)

La réalité complexe des enfants et des jeunes travailleurs en Afrique: un affrontement entre la loi et la réalité

En mars de cette année, Silvia Trisolino, secrétaire de BelgicaNNats, a eu la chance de rencontrer les représentants du MAEJT (Mouvement Africaine des Enfants et Jeunes Travailleurs) qui est basé à Dakar dans les bureaux de l'ONG Enda Tiers Monde. Elle a aussi visité les ateliers de couture et de formation des filles qui travaillent à Thiès. Cette rencontre a été un point de départ important windows10explained pour une meilleure compréhension réciproque et pour un échange de vues et d'actions dans les pays respectifs. Mais avant tout, il a marqué le début d'une phase de coopération et de soutien entre les mouvements des EJT en Afrique et BelgicaNNats.

« Connaître personnellement Aimé Bada et l'équipe du support de mouvement EJT a été une expérience très importante pour notre chemin actuel et surtout pour notre rêve de créer un réseau international efficace et capable de faciliter l'échange d'expérience entre les continents et d'unir les différentes stratégies politiques.

Le MAEJT a été fondée en 1994. Il est reconnu par 27 pays d'Afrique et il représente un niveau continental tous les mouvements des enfants travailleur organisés dans les pays suivants: Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Centre Afrique, Côte d’Ivoire, Ethiopie, Ghana, Gambie, Guinée Bissau, Guinée, Kenya, Libéria, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Ouganda, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Tchad, Tanzanie, Togo et Zimbabwe.

Dans tous les pays, il y a nombreuses associations et mouvements qui s’identifient dans différents comités liés à la ville ou au type d'emploi: association des enfants qui travaillent à la gare, au marché, artisans ou agriculteurs, etc ...

Les jeunes qui appartiennent à ces mouvements, n’ont normalement pas financièrement la possibilité de se former et travailler à un âge précoce est la seule solution pour soutenir sa famille.

Normalement, leurs activités économiques sont:

  • serveuses de gargotes, filles domestiques;

  • des apprentis: couture, menuiserie, soudure, mécanique;

  • des travailleurs indépendants: porteurs de bagages, cireurs, vendeurs ambulants;

  • des agriculteurs et autres: jardiniers, éleveurs, pêcheurs, des filles sans emploi qui aident à la maison, des élèves aussi qui concilient études et travail.

Dans chaque pays, une rencontre annuel (au minimum) est organisée: c'est un moment de partage entre les associations des différents villes / régions.

Jusqu’en 2013, le MAEJT organisait un grande rencontre régionale avec tous les représentants des pays africains. En 2016, la rencontre n'a été pas organisée dû au manque de fonds pour mobilier les 200 participants. Probablement que la rencontre n'aura pas lieu en 2017, pour les mêmes raisons.

Les actions du MAEJT sont réparties sur trois niveaux :

  • Au niveau régional, ils se concentrent sur la production d’études et d’analyses des expériences, la récolte de documentation, la Windows 10 Professional OEM Key participation aux grands événements et aux conférences et les activités d’échange avec le but de renforcer le réseau.

  • Au niveau national, ils organisent des « ateliers pédagogiques » techniques et méthodologiques sur différents sujets tels que la préparation du projet, la communication, la résolution de problèmes et l'amélioration des compétences d'écoute.

  • Finalement, en regardant les mouvements au niveau local, le MAEJT soutient chaque pays avec des fonds annuels qui sont utilisés pour la formation en fonction des besoins indiqués par les comités locaux : ateliers de couture, transformation des fruits, sérigraphie, travail du bois et autres métiers.

En parallèle, ils financent souvent des cours d'alphabétisation et de lecture.

Maintenant, on commence à traiter les problèmes, les objectifs et les défis que l'équipe d'Enda doit faire face chaque jour.

Pour mieux les comprendre, il est nécessaire d'être conscients que les caractéristiques des mouvements des EJT en Afrique sont uniques et qu'ils sont pas comparables aux mouvements de NNATs dans les autres pays.

Problématique juridique et sensibilisation des Communautés

Dans un pays comme le Sénégal, les enfants sont protégés par la loi et par les conventions internationales qui sont été signées, mais ces lois ne sont pas toujours respectées. Bien que des comités de protection existent, leur pouvoir est limité. Enda TM a choisi de travailler en parallèle avec la société civile: la sensibilisation de la population a favorisé une pression du bas vers l’État et elle a amené à des résultats positifs. En effet, la participation et la coopération de la communauté pour les questions liées aux enfants sont fondamentales: car, souvent, il est beaucoup plus facile de résoudre des cas de violence avec des «résolution à l’amiables» plutôt que de faire appel à la loi (qui souvent se révèle être seulement un obstacle, elle ne conduit à aucun résultat). Aussi, dans certaines communautés les plus réticentes, parler de droits et de protections des enfants est un premier pas sur le chemin de sensibilisation de la société civile. Car c'est un thème qui touche l’intérêt de toutes les familles. Cependant, sur la thématique de l’éducation, nous retrouvons des désaccords liés au contexte culturel des différents groupes ethniques.

Les contrats de travail

L'absence presque totale de contrats de travail reste un grand obstacle qui souvent empêche que les droits des jeunes travailleurs soient respectés. Pour cette raison, certains États comme le Sénégal ont mis en place des fonds pour des parcours de formations officielles pour les jeunes avec des diplômes reconnus. Si la qualification est reconnue, il serait possible d'aspirer à un salaire et un horaire de travail plus juste.

L’accès à la santé (ou couverture en cas d'accident) n'est pas un droit réel. Souvent, le patron garantit les premiers secours au centre de santé le plus proche mais si la maladie est plus longue, les frais sont en charge du malade. La couverture médicale est encore un lointain mirage.

Il y a quelques années, le MAEJT a travaillé ensemble avec l’OIT dans le cadre d'un programme qui finance la sensibilisation et la formation aux enfants sur les dangers de certains types de travail (comme la forge).

En considérant que la majorité de contrats de travail sont informels, le MAEJT est en train de proposer un contrat de travail « à l’amiable » entre le jeune qui travailel et son patron. Ces contrats sont informels mais sont très utiles aux défenseurs des droits des enfants afin de trouver des accords «à l’amiable» dans le cas où l’enfant ne reçoit pas son salaire juste ou si ses droits ne sont pas respectés.

L’âge minimum au Sénégal

Selon la loi, « l’âge d’admission au travail est fixé à 15 ans révolus ». Cet âge peut être ramené à 12 ans pour les travaux légers exercés dans le cadre familial et qui ne portent atteinte à la santé à la moralité et au déroulement normal de la scolarité de l’enfant »

En considérant que au Sénégal (et en Afrique en général) souvent la loi est considérée « très loin de la réalité », ce loi est telle seulement sur la carte. Personne ne se pose la question si ce type de loi peut être un obstacle dans le cadre de la protection juridique de l'enfant.

Les récentes luttes des mouvements en Amérique latine ne sembleraient pas avoir un terrain fertile en Afrique.

Les inspecteurs du travail

L’État sénégalaise engage des inspecteurs du travail pour lutter contre le travail noir et garantir des standards de travail. En pratique, l’état interdit officiellement aux enfants qui ont moins de 12 ans de travailler et d'aller à l’école ; de toute façon, selon la pensée commune que « la loi est loin de la réalité », leur rôle se réduit à « négocier » les droits des enfants pour chercher à les protéger avec les moyens disponibles. Par exemple, ils peuvent « négocier » avec le patron ou les entreprises de mines d'or où des enfants de moins de 15 ans travaillent. Quand l’inspecteur arrive, les enfants sont alors cachés. Le rôle de l'inspecteur est de « négocier » avec l'employer pour que le salaire minimum et l’horaire de travail soient respectés. Normalement, l'accord « à l’amiable » fonctionne plus que la force.

De cette manière, le but de la loi est réduit à « sensibiliser » : par exemple, en Cote d’Ivoire ; il existe une loi qui oblige tous les enfants à aller à l’école. Clairement, c'est un objectif impossible à atteindre dans l’immédiat, mais on constate une petite amélioration au niveau du taux d’alphabétisation.

L’État ne force pas la situation parce qu’il est aussi conscient que la loi est trop éloignée de la réalité. Ceci est un problème que nous constatons dans toutes les anciennes colonies, qui souvent gardent la constitution des pays colonisateurs. Il apparait également un problème de traduction des lois (qui existent seulement en français) dans les langues locales, car certains mots ne sont pas traduisibles ou ne correspondent pas à la réalité : c'est le cas du mot « traite » et « exploration ». La traite n'a pas de traduction et l’exploration est plutôt morale.

Visite au Comité de jeunes filles à Thies

Après mon séjour à Dakar, j'ai visité le bureau d’Enda à Thiès, qui met à disposition deux locaux pour le mouvement EJT. La première salle est dédiée aux formations informatique (avec 5/& PC à disposition des jeunes) et des autres formations comme celle sur la santé sexuelle et reproductive.

L'autre salle est occupée par l'atelier de couture qui a été mis en place en janvier de cette année. La production de l'atelier de couture est encore limitée et les produits (drap, nappe et sac) sont vendus par les filles dans leur quartier d’appartenance.

Sous le toit, ils sont en train de faire un micro-jardin potager bio qui sera la base d’une formation pour cultiver légumes et fruits bio.

En conclusion, cette rencontre a donné lieu à de nouveaux types de réflexions liées à la réalité des mouvements africains, à leurs problèmes et aux mesures à prendre:

  • Il faut investir dans l'éducation et dans les programmes qui financent les diplômes professionnels reconnus, qui, dès lors qu’ils sont joints à des contrats de travail (même informels), peuvent ouvrir une voie d’accords à l’amiable reconnus par la communauté entre l'employeur et l'employé

  • Contrairement aux autres pays, la loi n’est considérée ni comme une limite, ni comme un instrument de protection des jeunes travailleurs qui ont moins de 15 ans. La constitution est considérée comme un héritage colonial que nous devons « négocier », mais qui n'est pas contraignante. Et les conventions internationales sont encore plus éloignées.

  • En conséquence des arguments ci-dessus, le travail de sensibilisation de la société civile et des communautés, reste actuellement un des moyens les plus efficaces pour introduire le sujet de la protection des enfants dans la société.

  • Compte tenu de la situation économique difficile de nombreux pays d'Afrique (en particulier de l'Afrique de l'Ouest, considéré comme la région la plus pauvre de la planète), les objectifs internationaux liés à la réduction de la pauvreté et l'éradication du travail des enfants semblent être beaucoup plus éloignés que dans autres pays. En raison de cette situation et aussi à cause de la persistance des conflits internes, la menace de l'exploitation augmente et la recherche de mesures de protection concrètes liées aux différents contextes sociaux et culturels complexes, sont tout à fait urgent. »

Silvia Trisolino

Avoir foi en nos propres forces ! – Impressions du Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs au Sénégal

Du 18 février au 2 mars 2017, un groupe originaire d’Allemagne s’est rendu au Sénégal pour s’informer, entre autres, sur le Mouvement Africain des Enfants et Jeunes Travailleurs (MAEJT). Ils ont rencontré les groupes de base à Saint-Louis et à Thiès, et ont pu dialogue longuement avec les représentants sur les objectifs, les activités et les expériences du Mouvement.

Saint-Louis, situé au Nord du Sénégal, à la frontière avec la Mauritanie, est une ville avec enchantement d’un autre monde qui fut, au temps des colonies, la capitale de l’Afrique Occidentale française. Dans la rue, des centaines d’enfants très jeunes, en général en groupe, abordent les passants, de manière persistante, avec des canettes et des petites caisses peintes en blanc dans les mains afin de mendier de l’argent. Ce sont les talibés, les étudiants de l’école islamiques qui récoltent de l’argent et ce au nom de leurs professeurs religieux, les marabouts. Dans ces écoles, appelées daaras, on leur enseigne à lire et à réciter le Coran. Il semble que, à part les touristes éventuels, personne ne se sent mal à l’aise par ces enfants qui mendient. Dans la société islamique du Sénégal, c’est une pratique courante d’offrir aux nécessiteux un présent, surtout si cet argent sert (ou croit servir) à des fins de charité.

Dans l’après-midi, nous avons rencontré à Saint-Louis la section locale du MAEJT. Le contact nous a été facilité par l’équipe de coordination du Mouvement, dont les bureaux se trouvent dans la capitale, à Dakar. Pour notre plus grande surprise, un groupe exclusivement composé de jeunes femmes, qui ont entre 12 et 18 ans, nous attendaient dans une cour intérieure dans le centre de la ville. Elles se sont présentées en tant que représentantes élues des 18 groupes de base qui composent le Mouvement à Saint-Louis. Afin de nous rencontrer, elles sont venues spécialement de la banlieue, où le Mouvement compte, selon nos estimations, plus de 1800 membres, ce qui signifie, en moyenne, une centaine de personnes dans chaque groupe.

Les représentantes nous ont informé qu’autant de garçons que de filles composent le Mouvement. Ils gagnent leur vie ou aident leur famille grâce à différents types de travail dans les maisons de tiers, sur les marchés, dans les magasins ou ateliers. D’autres s’occupent de leur foyer, de leurs petits frères et sœurs et assument les tâches domestiques (ce que nous valorisons comme un « vrai travail » qui mérite une reconnaissance). Ils n’aiment pas mendier, mais ils sont en contact avec certaines écoles islamiques, et parfois, les talibés décident de poursuivre d’autres activités et s’associent avec les groupes du Mouvement. Ils ne voient pas le Mouvement comme concurrent des écoles islamiques, sinon qu’ils souhaiteraient contribuer à ce que, ici-même, ils apprennent aussi à se débrouiller de manière autonome dans la vie.

Une des principales activités des groupes de base est l’apprentissage du français à travers la lecture et l’écriture. Le français est la langue officielle du Sénégal qui s’utilise principalement dans l’administration. De plus, il y a six langues nationales, dont le wolof qui est la plus utilisée. Toutefois, cette langue n’est pas apprise, jusqu’à maintenant, dans les écoles. Il y a des efforts qui se font pour changer ce fait mais ils n’ont pas mené très loin. A la réunion de Saint-Louis, les filles ont parlé en wolof et notre guide Ibou Diop Coulibaly nous a traduits. Les filles nous ont émis l’importance pour elles de l’utilisation de leur propre langue, mais que pour aller de l’avant dans leur vie, il est essentiel de s’alphabétiser en français.

Quasi aucun de nos interlocuteurs n’a été à l’école ou, si ce fut le cas, seulement pendant un temps limité. Ils sentent qu’une de leurs tâches est de procurer l’accès à l’école à tous les enfants qui travaillent, mais ils comprennent bien leur droit à l’éducation qui, ainsi, les pousse à prendre au sérieux l’école en relation avec leurs expériences en tant qu’enfants travailleurs. Ils peuvent y apprendre des choses utiles pour la vie (ce qui inclut explicitement l’éducation sexuelle, qui encourage les filles plus spécialement à se confier l’une à l’autre et à mettre des limites à des hommes qui veulent prendre possession d’elles). En cas de difficulté avec l’école, ils se soutiennent mutuellement afin de faire front commun contre eux et d’être capable de terminer l’école. Pour ce motif, ils reçoivent le soutien de collaborateurs adultes, dont certains sont professeurs.

Une autre tâche importante pour les groupes de base est d’organiser des activités qui leur permettent de parvenir à une vie et un futur meilleur. Ce ne sont pas seulement des compétences techniques et professionnelles, mais aussi des aptitudes qui leur permettent de « travailler avec dignité » et d’établir des projets de travail autodéterminés ensemble (appelé « activités génératrices de revenu »). Pour ça, des ateliers de formation sont mis en place, par exemple pour la couture, la borderie, l’utilisation professionnelle d’un ordinateur et comment aménage des potagers pour la production organique des aliments.

Dans leurs travails jusqu’à maintenant, les enfants et jeunes se sont vus, fréquemment, maltraités et exploités. En tant qu’employées domestiques, nos interlocutrices nous ont ainsi raconté qu’il faut travailler sept jours par semaine et que le salaire par mois est l’équivalent d’un montant entre 22 et 38 euros, ce qui n’est pas suffisant, même au Sénégal, pour payer la nourriture du foyer. Avec la création de petites coopératives où ils produisent leurs propres besoins et prennent toutes les décisions de leur propre chef, ils espèrent trouver des meilleures perspectives de vie pour eux-mêmes. Dans d’autres endroits du Sénégal, nous pouvions apprendre même de femmes plus âgées que cette forme d’économie sociale et solidaire est très étendues et au moins, assure un niveau de vie en, par exemple, produisant et vendant du savon, des aliments et des vêtements de conception artistique.

Les activités qui ont été fixées par le Mouvement dépassent même l’apprentissage et la préparation à une vie de travail digne. De cette façon, les groupes de base se voient comme des « ainées », qui encouragent les enfants à se défendre contre tout type de violence et qui les soutiennent. Par exemple, le Mouvement s’implique contre les mariages forcés des enfants qui sont encore dans la tradition sénégalaise, ou il soutient les enfants qui ont perdu leur famille ou qui ont immigré sans leur proches de pays voisins au Sénégal, et qui doivent survivre par eux-mêmes dans la rue (beaucoup de talibés, par exemple, viennent de ce groupe). Ils soutiennent ces enfants en les intégrant dans les groupes de base et en leur fournissant des « mentors » qui seront à leurs cotés. Ils agissent également en signe de protestation publique contre les infractions, les violences en rappelant les voisins et les autorités gouvernementales de leur responsabilité envers les enfants (ainsi appelée « sensibilisation »).

Lors de nos discussions, nous avons eu l’impression que le Mouvement n’a pas trop d’intérêt à diffuser les consignes politiques, mais plus à s’entraider mutuellement et aider les autres enfants qui se trouvent à situation d’urgence, pour atteindre, pas à pas, une vie meilleure. Ils ne donnent pas beaucoup d’importance aux lois de l’Etat en ce qui concerne la vie pratique, celles-ci sont considérées encore comme un héritage de l’époque coloniale. Ils leur paraissent plus important de négocier à certaines occasions avec les autorités publiques et de conclure des accords avec eux de manière amicale (Ils invitent également les autorités locales à aider les groupes de base). Le plus important pour le Mouvement est de renforcer, à travers la solidarité, la confiance en soi et en ses propres capacités et d’améliorer sa propre position en tant qu’enfant socialement défavorisés dans la société.

A Saint-Louis, nos interlocutrices ont souligné de fait que le fait d’élire des filles en tant que déléguées n’avait rien d’exceptionnel au Sénégal. Et, de fait, par la suite nous avons rencontré, à Thiès, la deuxième plus grande ville du Sénégal, un autre groupe de représentants constitué, à l’exception d’un garçon, que de filles. A cette occasion, je me suis souvenu que, même dans les premiers jours du Mouvement Africain, les jeunes filles étaient les protagonistes de sa création. Dans les années 90, il y avait des jeunes employées domestiques, « les petites bonnes » comme elles étaient appelées, qui ont exprimé lors d’une manifestation du 1er mai à Dakar sur des toiles en coton qu’il fallait respecter leur dignité et leurs droits. Ainsi, elles ont donné l’impulsion pour un Mouvement social qui, aujourd’hui, est actif dans 27 pays d’Afrique et qui compte plus d’un million de membres. Un Mouvement qui est reconnu officiellement comme représentant des intérêts des enfants et adolescents travailleurs et qui, par exemple, est accrédité comme organisation observatrice de l’Union Africaine.

Manfred Liebel

Contribution de Manfred Liebel au débat sur la situation des droits humains en Bolivie – DROI, 22.03.2017

Le 22 Mars 2017 à 16h, s’est tenu, dans le sous-comité des droits de l'homme du Parlement Européen, un débat sur la situation des droits humains en Bolivie, avec un focus sur le travail des enfants. Le but principal était d’informer une délégation constituée par des députés européens et par d’autres représentants du sous-comité qui partira en mission en Bolivie en avril de cette année.

Des différents experts de thématiques qui sont en relation avec les droits de l’homme ont été invités à contribuer au débat. Parmi eux, le professeur Manfred Liebel de l’Université de Berlin, un de plus grands experts et allié du mouvement international des enfants et jeunes travailleurs, a donné une présentation sur l’état d’implémentation du Code sur les droits des enfants approuvé par la Bolivie en 2014 après un long chemin de consultation et de participation de la société civile et en particulier des mouvements des enfants et jeunes travailleurs.

Dans son intervention, le professeur a bien expliqué l’importance du Code et des mécanismes de protection des jeunes et enfants en particulier qui se trouvent en situation de travail, en suscitant l’intérêt de certains membres qui ont demandé plus d'informations pour la rédaction d’un document informatif pour les députés qui partiront en Bolivie.

Lors de cette réunion, a également participé, en tant qu’intervenant, Monsieur José Ramirez du Bureau International du Travail (BIT) qui a aussi parlé du Code des enfants de la Bolivie mais en questionnant les mécanismes de defensorias (ou inspecteurs de travail) introduits par le Code. En réponse, le professeur Liebel a souligné que maintenant, plus que jamais, il est fondamental de trouver des moyens pour un vrai renforcement de ces organes et pour une plus grande diffusion sur le territoire, comme c’est prévu par la loi.

Il a également renouvelé l’appel à un support politique et financier des autres pays et du Parlement Européen: «Je pense qu’il est nécessaire et un défi aussi pour la Communauté Européenne de trouver des moyens pour supporter l’installation et la qualification de defensorias, qui sont un élément clé de ce Code».

Código de Bolivia_Estado de implementación_mars 2017